27.06.2008

Festival international du film d'animation d'Annecy

Cette année le festival s'est déroulé du 9 au 14 Juin et rendait hommage à l'Inde. Et pour ma 5ème année consécutive, je reprenais fidèlement mon poste de bénévole à l'accueil des professionnels et des étudiants.

Comme l'année dernière, il me fallait affronter séances, foule et fatigue sur mes 2 béquilles, mais cette fois-ci sans ma sowsette ...Mais j'allais faire face car impossible pour moi de rester chez moi alors qu'à 500 mètres de là se tient l'événement que j'attends impatiemment chaque année.  Pourtant, mon bilan de cette édition 2008 reste mitigé ...  J'ai ce sentiment étrange que la magie du festival s'est évanouie, qu'il n'y a plus ce petit je ne sais quoi qui faisait toute la diférence, que le monde de l'animation si fascinant est devenu un véritable business où l'on est plus concentré sur les chiffres et les résultats que sur les émotions qu'elles peuvent procurer au public. Mais j'espère que je me trompe ...

Ce que j'ai vu et qui m'a plu:

- Peur(s) du noir, long métrage français, réalisé par 6 auteurs issus de la bande dessinée et de l'illustration. Mise en scène de leurs cauchemards sous forme métaphorique ou non, uniquement en noir et blanc. C'est très intriguant ce film fait à 12 mains. Le montage m'a un peu dérangé parfois mais le graphisme de chacun est prenant. C'est un film très beau graphiquement, chacun ayant un univers bien propre à lui et très différent des autres. Cela donne une très belle mise en image de la peur et qui pour le coup, parfois, fait peur. Dommage que la critique n'ai pas été bonne lors de sa sortie dans les salles.

- Chasseurs de dragons, long métrage franco-allemand-belge. Adaptation sur grand écran de la série animée du même nom, Chasseurs de dragon est un bijou, qui ne devrait plus faire rougir l'animation française devant celle des États Unis. Tous les ingrédients sont réunis, humour, animation fluide et rapide, 3D plus que maîtrisée, personnages attachants, scénario bien ficelé ... Mon gros coup de coeur du Festival. De plus l'équipe du film était adorable, ce qui forcément ajoute un petit quelquechose pas désagréable ...

- Piano no mori, long métrage japonais. Shu Amemiya, jeune virtuose du piano, quitte Tokyo avec sa mère pour aider sa grand mère malade à la campagne. Il rencontre Kai, jeune garçon rebelle et indépendant qui lui aussi joue du piano de façon prodigieuse mais d'une toute autre façon. Le film aurait été trop long s'il n'y avait pas cet humour propre à l'animation japonaise, à savoir complétement décalée !! La scène mythique de la jeune fille jouant du piano dans le ciel sauve le scénario un peu plat.

- Quelques courts aussi, dont Neko No Shukai, japonais, qui relate la journe d'un chat domestique se faisant écraser la queue à chaque passage de ses maîtres, se réunissant avec ses copains félins à la nuit tombée pour établir un plan afin de leur faire payer puis oubliant tout le lendemain dès que la gamelle se remplit. Ona Koja Mjeri (She who measures), croate, semble être une question posée sur notre liberté de pensée et d'agissement face à la surconsommation, sur fond d'animation singulière et dérangeante. Because you're gorgeous, d'Afrique du Sud, un phacochère fier de sa magnifique chevelure se trouve confronté à une série d'événements contrariants à cause d'une mèche rebelle. Animation très moyenne mais très drôle !

- Pour les films de télévision, Blaise le blasé, from Canada, une série animée pour ados, très chouette et drôle, avec des personnages ressemblant étrangement à ceux de Colonel Moutarde. Un épisode des Lascars, "devine qui vient pour dîner", plus que tordant. L'inimitable "L'enfer de la mode", épisode de Moot Moot, avec un Karl Lagerfield plus vrai que nature. 

- Pour les films de commande, mention spéciale à la série Media & Diversity, bulgare, esthétique, graphique et drôlement efficace. La théorie des ensembles, français, vaut le coup d'oeil pour une animation rendant sûrement hommage à la Linea. La pub Sony et ses lapins play doh prenant la rue comme cour de récréation, on ne s'en lasse pas ... Une très belle publicité pour le développement du braille, Pontos de la fondation Dorina Nowill from Brazil et du même pays, Mix Brazil, la bande annonce du festival du film gay du Brésil, très décalé. Une très jolie animation faite d'agrafes et de post it (monstre boulot)dans The gum Thief, canadien. Et enfin, une série de pubs pour une chaîne de télé hollandaise, super trash qui ne serait sûrement pas diffusé chez nous, BNN "Dennis and Dylan X23".

Mes points forts du Festival ...

- les rencontres, comme chaque année. Entre bénévoles, avec le voisin de fauteuil d'une séance, à l'accueil des festivaliers, dans la file d'attente d'un film qu'absolument tout le monde veut voir, etc ...

- The Simpsons Extravaganza. Une conférence sur les secrets des Simpsons avec leurs papas Matt Groening (créateur des persos) et David Silverman (animateur), des séances dédicaces, une exposition, la projection du film sur le Pâquier, Véronique Augereau aka Marge et Philippe Peythieu aka Homer disponibles, généreux et adorables, David Silverman qui joue du tuba au Bistrot ... Bref, des instants avec toute une équipe à l'image de la série, drôle, gentille et plus que disponible !

- l'ambiance comme d'habitude !! Les avions en papier, le bruit des gouttes dans le noir, l'humour potache et bon enfant, le lapin jamais oublié, Maestro Serge Bromberg, les génériques des Gobelins ...

Comme d'habitude, ce fut, malgré les souffrances infligées à ma cheville, un réel plaisir de revivre cette semaine où je retombe en enfance bien volontiers ... 

Quelques clichés à découvrir dans l'album photos Festival d'animation ... Et cliquez sur les mots en rose pour en savoir plus ...

 

06.06.2008

Manu Chao survolté et Marseille en feu ...

Dimanche 1er Juin - Le Dôme - Marseille

Depuis que j'ai reçu les places de ce concert (achetées sur ebay pour cause de non-anticipation, grrr), j'étais comme une dingue à compter les jours. Pas fan inconditionnelle de la Mano Negra ou de Manu Chao, mais j'apprécie et admire énormément le personnage et aurais adoré voir la Mano sur scène. En fait, j'étais surtout très curieuse de voir ce grand petit bonhomme en concert, lui qui se fait si rare sur le sol français.

Première partie, Keny Arkana, une petite de Marseille qui en veut, loin du R'n B ou du Hip Hop mais en plein dans le vrai rap avec des sons évoquant la rebellion et des textes poignants, forts et oppressants. La demoiselle a quelques accolytes sur scène qu'on oublie vite tellement elle prend toute la place, dans le bon sens du terme. 

Mais malgré cette très bonne 1ère partie, le public s'impatiente et la salle commence à s'éléctriser. Puis Manu Chao et son crew Radio Bemba sont entrés en scène, et là ... WAHOO !!! Explosion, fusion, énergie, passion, revendication, émotion .... Le concert le plus incroyable que j'ai vu jusqu'à présent. 3h30 de concert, 4 reprises, toute la salle montée sur ressorts, et les morceaux qui s'enchainent, et Manu Chao, 47 ans au compteur tout de même, tel un ado qui saute dans tous les sens, nous fait même l'honneur de chanter des tubes de la Mano Negra, un guitariste, Madjid Fahem, tout simplement hallucinant qui a séduit et enflammé tout le Dôme, des musiciens à l'écoute de leur meneur qui le suivent jusqu'au bout de la nuit. Bref un concert plus qu'exceptionnel !!

Manu Chao peut être critiqué de par son engagement ou de par sa musique répétitive et peu créative pour certains, il n'empêche qu'il ne reste pus beaucoup de chanteurs qui demandent à leur producteur un prix unique de 29 euros pour leurs concerts et qui sont capables de jouer 3h30 !!  Un amoureux de l'échange, de la scène, de l'énergie, de la musique .... Un pur moment inoubliable.

Petit bémol légèrement teinté de coup de gueule dédié au Dôme. À quoi ça sert de faire asseoir les personnes handicapées entre les 2 tribunes là où il y a de la place, sachant qu'en cours de concert, plein de gens valides et donc debouts s'agglutinent devant nous et que du coup on voit plus rien ?? C'est gentil de prévoir des vigiles pour leur demander de s'en aller à la 1ère partie, mais à la limite pendant le concert serait encore mieux !! Résultat: moitié du concert assise avec son mais sans image et l'autre moitié debout en équilibre avec son et image. Et les personnes en fauteuil elles font comment??

19.04.2008

Petit nid douillet, bric à brac musical et pin up manouches ...

Si par malheur, on devait me priver de mes sens et qu'on ne m'en laissait plus qu'un ... je demanderais à garder l'ouïe !! Et pourtant dieu sait que je suis curieuse, tactile, pipelette et gourmande, mais bon sang, la musique c'est trop bon !!

3 magnifiques découvertes (dont 2 il y a déjà un petit moment, mais grosse flemme au pays de Nini ces derniers temps ...)

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Cocoon "My friends all died in a plane crash"

Oui, alors c'est sûr me direz-vous, le titre de l'album comme ça sent l'esprit "coupe tes veines" à plein nez, mais que nenni !! Cet album c'est un bijou, un diamant brut et en plus COCORICO ils sont français, de Clermont Ferrand plus précisément. Un mec et une nana, 2 voix magnifiques, l'osmose. Après la perte de plusieurs de ses amis, Mark avait un besoin d'exorciser tout ça, de faire le deuil, c'est cela qui explique un peu le titre de l'album. Il trouva Morgane, tomba amoureux de sa voix et voilà. Alors bien sûr il y a un peu de mélancolie, quelques morceaux qui font hérisser le poil et humidifier l'oeil mais dans l'ensemble c'est léger, tendre et doux comme les pyjamas en pilou. Le matin ça permet d'ouvrir les yeux en douceur, l'après midi ça donne envie de s'allonger dans les prés au soleil (quand y' en a !!) et le soir ça accompagne la venue du marchand de sable. Donc voilà Cocoon à écouter sans modération.


podcastchupee
 

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 The Do "A mouthful"

The Do (prononcez o et pas ou), duo franco-finlandais composé de Dan, compositeur de musiques de film et Olivia, chanteuse. Mademoiselle a un petit quelque chose de Bjork aussi bien dans les tenues scéniques que la frimousse. Elle ne chante pas tout le temps, parfois elle miaule. Et ce miaulement au début ça m'a un peu irrité les oreilles. Et puis "On my shoulders" me prenait la tête à passer partout en boucle, j'avais l'impression d'entendre une petite fille capricieuse qui réclame qu'on l'écoute. Et puis j'ai vu un live sur Canal +, puis une apparition à Taratata et j'ai été intriguée. J'ai trouvé qu'elle avait un peu de Camille aussi, puis j'ai senti une alchimie entre eux et pourtant j'étais toujours dérangée par un léger snobisme qu'ils dégagent. J'ai quand même laisser mon oreille se faire une idée. Et puis j'ai carrément acheté le CD. Je signe et persiste certains morceaux ("the bridge is broken") me font grincer des dents au bout de 30 secondes mais bizarrement (est ce du masochisme ?) c'est quand même bon. Des magiciens peut être. Pop, folk, bric à brac de sons venus des Inuits, des Indiens d'Amérique et des cowboys, ballades, prières chamaniques, hip-hop sur fond de fanfare, c'est tout cela à la fois et dans ce fouilli musical on trouve forcément son bonheur.


podcastqueen dot kong  

 

1736403376.2.jpg The Puppini Sisters "Betcha bottom dollar"

Découverte pas du tout avant gardiste puisque l'album date de 2006 et qu'en plus j'ai un de leur titre sur un album de Paris Dernière et qu'en plus j'avais vu un reportage sur elles dans l'émission Tracks !! Impardonnable d'avoir manqué un album pareil. Certes il faut aimer le rétro, le son des années 50, le Doo Wop et les reprises, et si vous avez coché tous ces ingrédients, vous aimerez forcément les soeurs Puppini. On fait un grand bond en arrière et on a l'impression d'avoir le concert privé de ses filles qui chantaient pour les militaires américains, dans son salon. "Betcha bottom dollar" c'est la bande son qui accompagne la journée de la même famille que dans "Ma sorcière bien aimée" (la même famille sans la sorcellerie bien sûr). Une vraie pub de l'American Way of Life où tout est parfaitement grotesque. Mais c'est dôle, frais et surtout ça fait du bien. Écoutez ça dans votre balladeur MP3 n'importe où et vous aurez envie d'inviter tout le monde autour de vous à danser et à transformer la vie en comédie musicale comme dans "Tout le monde dit I love you". Plus efficace que le Prozac et surtout plus drôle qu'une thérapie, les soeurs Puppini c'est l'anti dépresseur à prescrire à forte dose !!

 


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