17.11.2007

Il était une fois ...

... une petite cheville qui se trouva au mauvais endroit au mauvais moment.

Cette histoire qui est la mienne, je vais vous la raconter ...


Nous sommes le 21 Décembre 2006, il est entre 7h30 et 7h40 du matin. Je traverse la route (sur le passage piétons) avec le reste de la compagnie bien sûr (Myrtille ma jumelle cheville, Dédé et René les pieds, Geoffrey et Audrey le couple mollets, etc ...), pour aller prendre le bus qui m'amène au travail. Après avoir traversé la moitié de la chaussée, une moto nous laisse passer pour traverser l'autre moitié. 2154b3445aad92f74622c9330124f915.jpgAu moment où Myrtille et René s'engagent, la voiture derrière le motard (qui n'a pas vu que ce dernier s'est arrêté) le percute violemment le faisant passer par dessus sa moto. Notre réaction, à Dédé et moi, à ce moment là est d'avoir un mouvement de recul. Malheureusement, une voiture arrivant sur l'autre voie dans l'autre sens, nous percute Geoffrey, Dédé et moi même, Camille la cheville gauche.

La voiture n'arrivait pas vite mais l'impact est suffisant pour faire de bons gros dégats. La voiture ne s'arrête pas, Stef ne chute pas et ne fais pas attention au véhicule, ayant l'impression de s'être juste "cognée" contre une voiture. Elle est comme tous les gens attendant le bus fixée sur le motard (qui n'a rien). C'est seulement quand elle demande à Dédé de se remettre en marche, qu'elle constate que Geoffrey est de travers et qu'en fait elle ne peut poser Dédé à terre. Elle demande de l'aide à une jeune femme qui est sur le passage piétons pour traverser. Quelqu'un appelle le boulot, un autre les pompiers. Personne ne comprend vraiment, nous non plus d'ailleurs. Stef a l'air en colère. Et la douleur arrive d'un coup. On m'a raconté tout ça plus tard, car à ce moment là je suis complètement fracassée, à moitié dans le coma. Les pompiers arrivent, nous délivrent de la botte et nous calfeutrent dans une atèle jusqu'à l'hôpital de Saint Julien en Genevois.

Souvenir cauchemardesque de cet hosto ... Arrivée à 8h30 aux urgences, opérée 6h plus tard, morphine à volonté, nous sommes restés 4 jours et tout le monde a été malade. Hugo le cerveau a eu des migraines atroces, Nicolas l'estomac était tout retourné ... Noël 2006 restera un souvenir impérissable ! Bilan du traumatisme: fracture bi malléolaire (fracture tibia/péroné avec luxation de la cheville). b9e669a17b79337ded9b4f3673468be3.jpgGrâce aux bottes on a évité de tous sortir prendre l'air ! Merci Kickers. On ressort le 25 Décembre au matin, Geoffrey, Dédé et moi, Camille la cheville gauche, prisonniers d'un énorme plâtre. Je suis la seule à être relookée bling bling avec 2 vis dans la malléole interne et une plaque à 4 vis de l'autre côté. Sans compter bien sûr les agrafes et les points ... Me v'là scarifiée à vie !

Je passe 15 jours dans ce plâtre à étouffer et souffrir sans pouvoir me tordre de douleur, le moindre mouvement (limité) est insupportable. Tous les jours une infirmière vient piquer Gladys la cuisse et tous les 3 jours elle me fait ma toilette. Elle nettoie les agrafes et les points pour que ça cicatrise. Dédé est tout bleu/violet ... sans parler du volume qui a triplé. Moi je ne me reconnais pas. Je suis bourssouflée, rose, violette, bleue et toute de travers (j'apprend plus tard qu'on a plâtré Dédé en équin). Le 4 Février on m'enlève les agrafes et les points laissant mes cicatrices se faire doucement. Mais je ne suis pas libre pour autant puisqu'on me replâtre à nouveau. Oui mais voilà, la madame s'apperçoit vite que Dédé est tout de travers et pas à 90°. Elle entreprend en même temps qu'elle plâtre de nous redresser, Dédé et moi, à la main, comme ça à la barbare. Je vous passe les hurlements de Stef et la souffrance que nous avons subi, Dédé et moi. On aura droit à une séance de bien être de ce genre 4 fois en même pas 2 mois, pour lutter sontre l'équin le plus possible ...

Le 8 Février on me libére de ma cage pour me transférer dans une atèle que Stef peut enlever pour me laver plus souvent étant donné qu'elle n'est maintenu que par des bandages. A cette époque c'est le début de la mue pour Dédé et moi. Les séances de kiné commencent, on s'occupe de nous même si parfois on souffre, on nous crème, on nous masse. Le bleu de Dédé se résorbe peu à peu, sa peau se meurt et se régénère, de mon côté les cicatrices se mettent en place, mais je suis toujours enflée et immobile. Même si Stef essaie de nous chouchouter ... on est pas très beau à voir. Geoffrey a maigri ... on dirait qu'il a 12 ans mais Gladys la cuisse ne s'en plaint pas elle !!

Le 15 Mars on enlève tout ... JE SUIS LIBRE !!! Mais pas guérie. Je ne bouge plus, je suis complètement bloquée. Je n'arrive pas à pousser Dédé au fond d'une basket ... alors forcément la pauvre Stef a du mal à marcher. Mais bon c'est le début de la grande rééducation, on va à grands coups d'efforts avec Élise ma kiné, suer, crier, pleurer pour récupérer tout ça !! Sur les dernières radios le chirurgien avait vu des taches qui faisaient penser à une algodystrophie ... Le 21 Mars la scintigraphie osseuse le confirme. 5130ea0968d7bb2576e96cf0b7816062.jpgMe voilà donc envahie d'une algodystrophie. C'est donc pour ça que je sue en permanence, que j'ai chaud, que je brille et que je gonfle à la vitesse grand V ? Gillou le genou ressentait lui aussi des douleurs on savait pas d'où ça venait ... L'algodystrophie ... Le mystère de la médecine.

L'algoneurodystrophie ou algodystrophie est un syndrome douloureux caractérisé par un ensemble de symptômes touchant des articulations, après un traumatisme ou une intervention chirurgicale même minimes. Ce syndrome pourrait être dû à des causes neurologiques ou vasculaires et surviendrait plutôt chez des patients anxieux. selon Wikipédia.

Un mois de piqures de calcium, qui n'ont pas laissé à mes amis d'en haut de souvenirs agréables, de la patience, de la natation, de la mobilisation sans solicitation, du kiné sans effort ... Voilà le traitement qu'on me conseille. A force de travailler en kiné on récupère un peu mais je ne bouge toujours pas. Par contre nous voilà comme des sous neufs Dédé et moi, enfin j'ai gagné 2 belles cicatrices pour ma part mais bon j'aime bien ce côté guerrière !

Mon cas devient donc un peu complexe, je ne prends pas le chemin "normal" de la guérison et accumule les complications. Je sors donc du domaine de compétences de mon chirurgien (plus spécialisé hanche/genou) qui nous indique un spécialiste pied/cheville à Grenoble. Le 21 Août, Le Dr Tourné m'examine, donc, nous laissant à ces conclusions pessimistes : grosse fracture - complexe - opération périlleuse - tout recasser - si cartilage en bon état - ou bloquer l'articulation à vie. Stef verse quelques larmes, se fait une raison ... Et moi j'ai pas mon mot à dire ??? J'ai pas envie d'être figée à vie !! J'ai envie de retourner danser, de sauter, de courir ... Je prie ce jour là Dieu de me venir en aide, moi Camille la pauvre cheville !  Il se passe alors une chose bizarre. Le Dr Tourné ne rappellera jamais Stef, ne répondra jamais à son courrier, sa secrétaire lui indiquant juste qu'il ne veut pas s'occuper d'elle. Très déçue et dans l'incompréhension totale, Stef se sens désemparée, mais moi dans mon âme de petite cheville je suis la plus heureuse !! Je vais pas être figée à vie !!

Dans le prochain numéro je vous raconterai la suite des événements. Comment se passe ma vie au quotidien, ma rééducation, ma rencontre avec 2 chirurgiens très compétents et spécialisés dans le domaine et ce qui m'attend dans le futur (proche)...



Commentaires

ah ben jte comprends ma ptite copine cassée comme moi!
je pense qu'on va ouvrir un club des pétés dla route!
bizz et + que bon courage

Ecrit par : manu le ouf | 17.11.2007

Ma ptite stef!

C trop mignon et surtout super émouvant comme tu racontes ca..
Je le montre certainement pas assez dans les faits ms tu peux pas savoir comme je pense svt a toi!!
Promis je vais essayer de me rattraper!!
A bientot donc..
Biz et garde cette petite étincelle!!

Ecrit par : adad | 18.11.2007

Merci ... ça me fait plaisir ce petit commentaire.
Parce que Ju, lui, ça l'a fait partir dans un fou rire. Il m'a dit que j'étais un Bisounours et que les gens allaient se demander ce que je prenais avant d'écrire.

C'est ma façon à moi de prendre le truc en dérision parce qu'au fond c'est pas si grave, non ?

Ecrit par : nini | 18.11.2007

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