01.03.2008

Vengeance en musique, tuerie à air compimé, panique à New York et destins croisés à Paris ...

C'est trop injuste que le cinéma soit si cher !! Cette année il y a vraiment trop de films à voir sur grand écran !! Mais je crois que cette fois-ci la déraison a été plus forte. Comptes rendus ...

20a3c67bbc9817872ef8be36b6dba47b.jpgSweeney Todd, le dernier Tim Burton (un classique, donc !) avec (forcément) Johnny Depp et entre autre, sa petite femme Helena Bonham Carter.

En quelques mots ... L'histoire se passe au XIX éme siècle. Après avoir passé 15 années dans un cachot loin de son pays natal, Benjamin Barker décide de revenir à Londres sous le nom de Sweeney Todd, pour se venger d'avoir été privé de sa femme et de sa fille par le juge Turpin. Il reprend son activité de barbier dans son ancienne échoppe, au dessus de la boulangerie de Mme Nellie Lovett.

Je n'en dit pas plus, moi même je n'en savais pas autant et la surprise est d'autant plus fantasque si on a le moins d'infos possible. On retrouve les ingédients chers à Burton. Les décors et l'ambiance générale rappelle "Sleepy Hollow"; brume épaisse, couleurs limitées au gris dans toutes ses déclinaisons, même époque semble t-il. Il y a la folie de "Nightmare before Christmas", la limite faussement maquée entre le cauchemard et le loufoque. Johnhy Depp est comme d'habitude géniallissime mais pas dôle du tout contrairement à d'autres films de Tim Burton où il campait un personnage noir mais déjanté, comme dans "Sleepy Hollow" d'ailleurs. Ce que j'ai adoré dans "Sweeney Todd" c'est qu'on ne sait finalement pas si c'est un film noir ou comme un "Mars Attacks" à prendre au 2d degré. C'est le chant qui fait ça. Ah oui parce que ça chante tout le long, c'est mieux de le savoir avant. Puis c'est sanglant un peu, et oui ....


2044985563.jpgNo Country for Old Men, le dernier film des frères Cohen. J'adooooore le cinéma, mais là j'avoue, je n'avais jamais vu un film des frères Cohen avant, oui, je sais c'est pas terrible. C'est petit chéri qui m'a emmené, parce qu'il avait fait l'effort de m'accompagner voir le dernier Burton.

Quelque part entre le Texas et le Mexique, un homme, Llewelyn Moss tombe sur des voitures et des cadavres ... Et une mallette contenant 2 milions de dollars. Il décide de les prendre avec lui, sans imaginer une seconde ce que cela va provoquer. Derrière lui, un vieux shérif, qui ne comprend plus comment le monde fonctionne et entre les 2, un tueur à gage effrayant et sans scrupule.

Pas de musique pendant tout le film, une atmosphère suffocante et pesante comme la chaleur qui semble régner sur le paysage. Une forme de violence, qui choque dans un premier temps et qui nous rappelle vite à la réalité et nous amène à la triste constatation que cette violence n'existe pas qu'au cinéma. Un acteur mémorable, Javier Bardem, qui fait froid dans le dos à chaque apparition, avec une vraie gueule de psychopate et une fin qui nous explique le titre du film et qui fait réflechir sur tout le contenu de ce qui vient de se dérouler et son pourquoi. Ce n'est pas un film violent pour le plaisir, je pense qu'il y a une vrai psychologie derrière, ainsi qu'une constatation déroutante sur l'omniprésence de la violence dans notre société. À voir pour 3 raisons. L'ambiance, les dialogues et Javier Bardem.


1123521683.jpgCloverfield, le film secret défense des USA. La bande annonce plus que mystérieuse a été lancée l'été dernier et a fait un buzz monstrueux sur le net. Des milliers d'internautes accros ont tout imaginé sur le scénario, les acteurs avaient pour ordre de ne rien dévoiler, ni même à leurs proches, bref, le film qui démange.

Impossible de faire un synopsis. Il faut laisser tout le mystère planer c'est tellement mieux. Juste quelques mots. New York. Des amis fêtent le départ de Rob. Coupure de courant, explosions. En quelques minutes une foule dehors hagarde et apeurée. Quelques secondes plus tard la panique.

Le film est entièrement tourné caméra à l'épaule, ce qui, primo ne donne pas la nausée et ne lasse pas et deuzio nous plonge encore plus au coeur du film. 1h30 c'est pile ce qu'il faut. Pour une fois les américains ont su trouver le bon dosage, pas trop en faire, juste donner de quoi faire le petit effet qui va bien. J'étais à bloc pendant 1h30, cramponnée à mes accoudoirs. C'est une expérience très déstabilisante, un film d'un autre genre, une impression étrange à la sortie. C'est crispant, angoissant, c'est vraiment bien foutu. Il ne faut pas se laisser décevoir par ce qui fait paniquer la foule mais se laisser porter par le film et sur les sensations que le realisateur voulait nous faire ressentir, sans vouloir "intellectualiser" le scénario. C'est comme une attraction à EuroDisney, un bon trip !


433154343.jpgParis de Cédric Klapisch. Une pléiade d'acteurs, Romain Duris (forcément !), Juliette Binoche, Mélanie Laurent, Karine Viard, Fabrice Luchini, etc ... Moi j'adore son style à Mr Klapisch c'est tendre, sucré, coloré ...

Destins croisés. Un frère qui annonce à sa soeur sa terrible maladie, cette même soeur qui à force de travailler dans le social et aider les autres s'est un peu oubliée elle-même. Un prof de fac qui drague une de ses étudiantes par texto, une boulangère bourgeoise et bien de droite, des potes de marché, ... La vie à travers les gens.

Klapisch a entendu les touristes dirent des parisiens qu'ils étaient froids, de mauvaise humeur, grognons et c'est pour ça qu'il a décidé de rendre hommage à Paris et montrer ses habitants dans leur diversité avec leurs failles et leurs qualités. Juliette Binoche est attachante dans son rôle de maman célibattante qui à 40 ans veut redevenir aussi une femme séduisante. Romain Duris est forcément craquant, Fabrice Luchini reste Fabice Luchini, touchant en prof amoureux, Karin Viard nous fait rire et nous agace à la fois. Bref, tout ce petit monde agité dans le cerveau de Klapisch donne un melting pot d'amoureux, de rêveurs, de doux dingues. Il y a un peu de Pennac dans ce film. Il y a la couleur et l'odeur de la barbe à papa, du café, du tabac, du marché, du métro, du gaz d'échappement, des fleurs, de l'hôpital .... de la VIE.


Et entre temps, la belle Marion a tout raflé. Je regrette quand même qu'Olivier Dahan n'ait pas été récompensé pour son travail aux Césars. Marion est bien sûr la star de ce film éblouissant, mais j'aurai quand même aimé que le réalisateur, qui a fait un travail incroyable sur ce film, qui est pour moi un chef d'oeuvre, ait lui aussi sa part du gâteau. Mais bravo Marion, elle méritait amplement toutes ces récompenses. Chapeau, la Môme!

29.10.2007

rêves et cauchemards

Vendredi, je me suis (re)fait Paprika en DVD. Besoin d'un rafraichissement. Découvert en Juin pendant le festival d'animation, la fatigue avait pris le dessus, j'avais loupé une bonne partie du film et du coup n'avais rien compris. Séance de rattrapage donc.

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Paprika, est le dernier Satoshi Kon, papa du terrifiant Perfect Blue et de l'attachant Tokyo Godfather. On y retrouve encore une héroïne principale et la même qualité graphique. Le synopsis livré à la presse est le suivant:

Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommeé PT a été inventé. Grâce à une petite machine nommée la DC Mini, il est désormais possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l’inconscient. Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l’un des prototypes de la DC Mini est volé créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs.

La Dr Atsuko Chiba, collègue de l’inventeur de la DC Mini, le Dr Tokita, décide, sous l’apparence de sa délurée alter-ego Paprika, de s’aventurer dans le monde des rêves pour découvrir qui s’est emparé de la DC Mini et pour quelle raison. Rapidement, elle découvre que l’assistant du Dr Tokita, Himuro, a disparu et que plusieurs autres de ses collègues sont en train de devenir fous...

Ce film est dingue !! Un manga magnifique visuellement et très proche d'un Lynch du point de vue du scénario. C'est très dur ne pas perdre le fil pourtant. Entre rêve et réalité, on ne sait pas toujours où on est. Il y a de la magouille d'idéaux, du combat psychique, de l'amûûûûr, de la névrose, c'est prenant. Mais faut être concentré. Entre ceux qui rêvent, ceux qui croient rêver, ceux qui rentrent dans les rêves des autres, ceux qui manipulent les rêves des autres, ceux qui font se mêler les rêves de plusieurs personnes, ceux qui prennent en otage l'inconscient des autres ... Prévoir de l'aspirine au cas où. Mais très bon manga, flippant.


Hier soir par contre, j'étais contente d'avoir Juju à mes côtés pour la séance "Le Serpent". Avec Yvan Attal et Clovis Cornillac.

c580153b1da1dd00b45de9014685fb02.jpgVincent Mandel, photographe et père de famille en instance de divorce, voit sa vie s'effondrer à cause d'une manipulation orchestrée par un ancien camarade de classe, Joseph Plender.Meurtre, enlèvement et chantage vont conduire Vincent dans une véritable descente aux enfers... Il ne lui reste qu'un seul espoir, battre Plender à son propre jeu.

Si vous avez aimé Seven, que votre chéri est prêt à se faire broyer le bras pendant 2 heures, que vous n'avez pas de problème cardiaque, ni de doute sur vos anciens camarades de classe, louez vite ce film.

C'est oppressant, viscelard, ça donne des frissons. Un super film de suspens français où Clovis Cornillac est abominable et Yvan Attal déroutant. Pas forcément beaucoup d'action mais une tension énorme et une ambiance pesante.  Je ne peux rien vous dire de plus sur l'histoire, ça gacherait le suspens ...